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À quel rythme faire mon sevrage ?

(Les recommandations dans cet article concernent toutes les molécules utilisées en psychiatrie. En effet, même si ces molécules appartiennent à des familles différentes et ont des mécanismes d’action différents, les patients ressentent généralement le même besoin de procéder lentement et graduellement, et les chercheurs indépendants font le même constat, comme ici ou ici.)

(Les informations partagées ici ne peuvent pas se substituer à l’avis d’un
médecin. Ce post ne saurait en aucun cas remplacer le conseil professionnel d’un médecin compétent en matière de médication psychotrope et de sevrage.)

Si vous avez essayé par le passé de réduire ou stopper votre traitement psychiatrique, il est fort probable que les conseils que vous ayez reçus ressemblent à ça :

« Ce médicament ne cause pas de dépendance, il vous suffit d’arrêter de le prendre« , ou « un sevrage se fait sur 2-3 semaines, si vous n’y arrivez pas c’est que vous êtes malades et que vous en avez besoin ».

Ce site existe parce que les praticiens sont rarement conscients de la nécessité d’une réduction progressive de la médication psychiatrique, conseillent généralement des baisses trop rapides, et ne reconnaissent pas suffisamment les symptômes de sevrage.

Pourtant, la littérature scientifique nous apprend que les risques de symptômes de sevrage existent à partir d’un mois de prise d’antidépresseur, une semaine de prise de benzodiazépines.

Des milliers de patients ont témoigné, expérimenté, testé des méthodes et guéri. Parallèlement, certains chercheurs et médecins commencent à se pencher sur ces problématiques, des recherches commencent à être menées pour mieux comprendre ces phénomènes de sevrage (je vous invite d’ailleurs à lire cet article pour mieux comprendre l’importance d’une réduction graduelle).

Que nous disent ces témoignages et ces publications ?
Qu’en matière de sevrage il n’existe pas de règles universelles, que nous en savons bien peu sur les facteurs à l’œuvre dans le processus de réadaptation du système nerveux, et que personne ne peut prédire la manière dont votre corps réagira ni quel rythme vous conviendra.
Néanmoins, ce qu’ils nous apprennent aussi, c’est qu’il existe des principes et des outils que l’on peut mettre en place pour limiter les risques, et, surtout, que la guérison et la stabilisation du système nerveux sont possibles.

La règle des 10%

Si vous avez déjà scruté les forums de soutien au sevrage, vous avez sans doute déjà entendu parler de la méthode qui consiste à réduire sa dose de 10% toutes les 4 semaines, les 10 % étant calculés à partir de la dernière dose. Le montant de la diminution est proportionnel à la dernière dose (et non à la prescription initiale) et ne cesse de diminuer.
(En termes mathématiques, il s’agit d’une progression logarithmique donnant une courbe hyperbolique).

Par exemple, si vous démarrez avec une dose à 20mg, votre première baisse sera : 20-10% = 18mg.
Pour votre deuxième baisse, vous vous baserez sur votre dernière dose : 18-10% = 16.2mg, vous prendrez 16.2mg.
Et ainsi de suite.

L’illustration suivante montre une diminution HYPERBOLIQUE de 10% toutes les 4 semaines. Il s’agit d’une diminution progressive de 100 mg à 0 mg, mais la courbe serait la même pour n’importe quelle dose de départ :

À l’inverse, l’illustration suivante montre une réduction linéaire de 10 % de la dose initiale toutes les 4 semaines, réduction souvent trop rapide et responsable de symptômes de sevrage :

Pourquoi de si petites baisses me direz-vous ?

En l’état actuel des connaissances, il est impossible de prédire qui subira des symptômes de sevrage sévère : pour les antidépresseurs, par exemple, les études les plus récentes estiment qu’environ 50% des patients seront concernés par des symptômes de sevrage sévères dans le cas d’une diminution trop rapide. Une fois que le système nerveux est déstabilisé, les symptômes peuvent être durables et mettre des mois, des années avant de se résorber.

Les symptômes peuvent être éprouvants, voire invalidants. Si vous souffrez d’un syndrome de sevrage prolongé, il n’existe aucun traitement ou remède connu. Vous devrez faire face à cette condition jusqu’à ce qu’elle s’améliore.
Un sevrage lent n’empêche pas nécessairement l’apparition de symptômes, mais il réduit les risques et permet de maintenir l’intensité des symptômes au minimum.

S’il est vrai que certaines personnes semblent pouvoir diminuer rapidement leur médication sans symptômes ou avec des symptômes mineurs, la prudence invite à préférer une approche de réduction des risques.
Il est plus logique de commencer lentement, pour protéger votre système nerveux, et d’augmenter votre rythme de diminution progressive si vous constatez que vous pouvez tolérer un sevrage plus rapide (gardez toutefois en tête que les symptômes de sevrage peuvent mettre plusieurs semaines à se manifester après une baisse).

Ok, donc il suffit de baisser ma dose de 10% toutes les 4 semaines ?

Eh bien non, pas tout à fait. Rappelez-vous, en matière de sevrage des traitements psychiatriques, il n’y a pas de règles universelles. Tout au long de mon parcours, j’ai rencontré de nombreuses personnes ayant diminué progressivement leur médication et pas une n’a suivi exactement le même plan de sevrage.

B. s’était aperçu que 10% d’un coup, c’était trop pour son système nerveux, mais que ses symptômes devenaient moins intenses quand il faisait des réductions de 2.5% toutes les semaines puis faisait une pause pendant 2-3 semaines.

A. a toujours appliqué la règles des 10%, par contre elle attendait 2-3 mois avant d’effectuer une nouvelle baisse.

R., elle, n’a jamais pu faire des baisses de plus de 3% toutes les 4-6 semaines, et aujourd’hui, après trente ans de cocktails médicamenteux, elle fait une pause après avoir atteint 1mg de Diazépam et 3mg de Citalopram.

M. a quant à lui appliqué religieusement la règles des 10% toutes les 4 semaines durant ses 3 années de sevrage.

L. a sevré une large dose de benzodiazépine en ôtant 0.01mg chaque jour, et en prenant des pauses de temps en temps.


Le point commun entre toutes ces personnes c’est qu’elles ont appris à écouter leurs corps, ses réactions, ses besoins et à s’adapter en fonction.
Cela signifie aussi qu’il n’y pas non plus de règle immuable qui vaudrait pour l’ensemble de votre sevrage : il est par exemple tout à fait possible que vous parveniez à démarrez votre sevrage à 10% et que vous vous aperceviez qu’une fois arrivé à de faibles doses vous ressentiez le besoin de ralentir le rythme (c’est d’ailleurs souvent le cas).
Il est aussi tout à fait possible que vous ne ressentiez aucun symptôme, mais qu’après quelques baisses vous en sentiez les effets cumulatifs et le besoin de faire une pause.

Quelque soit votre parcours, rappelez-vous que c’est votre corps qui reste le chef d’orchestre, c’est lui qui donne le rythme. Les molécules utilisées en psychiatrie entrainent des modifications et des adaptations de notre système nerveux. Lorsque nous retirons ces molécules, notre corps a tout un travail de réajustements, de réadaptation à effectuer.


Cet article a été réalisé grâce aux informations collectées sur le site survivingantidepressants.org.
Merci infiniment à eux d’avoir accepté que nous diffusions leur travail.
Ces informations sont issues des dernières études sur ces sujets, ainsi que des milliers de témoignages récoltés.


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